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La Cité interdite, de Zhang Yimou avec Gong Li, Chow Yun-Fat, Jay Chou
{mosimage} Un film somptueux : on n’en croit pas ses yeux, de cette débauche de costumes magnifiques, d’armures étincelantes, de décors raffinés, de scènes grandioses, des scènes de bataille à couper le souffle. On est à la fois dans un film de Kung-Fu, dans un film historique, dans une tragédie grecque, dans un décor de musée…
C’était pendant notre Moyen-Age à nous, au temps où la Chine n’était pas encore un Empire, mais un patchwork de royaumes rivaux.
Il y a un Roi, invincible au combat et impitoyable envers ses ennemis : il faut ça, à une époque aussi dure ! Une Reine très belle, magnifiquement vêtue et parée, jouée par Gong Li. Enfin, il y a trois fils : l’aîné est le préféré du père, il est né d’un premier mariage du Roi, il n’est pas très costaud, c’est un peu l’intello compliqué de la famille et il entretient une liaison secrète avec la Reine (c’est un peu Phèdre en Chine médiévale, comme il y a aussi Tintin au Tibet ou Bécassine à la plage) ; le deuxième est le plus fort au combat et le plus costaud, c’est le préféré de sa mère, mais le père se méfie de lui, car c’est un rebelle déclaré; le troisième est encore un enfant, il ne semble de surcroît pas très subtil. Chacun des trois fils nourrit beaucoup d’ambition et souhaite bien sûr se voir désigner comme héritier.
Le machiavélique Roi a découvert la liaison de son fils aîné avec sa femme, mais ne dit rien et fait empoisonner sa femme à petit feu, par le biais d’un breuvage préparé par le félon médecin de la Cour. La fille du médecin, qui présente chaque jour à la Reine le remède en question, ne se doute de rien : il fait dire qu’elle est un peu bécasse, d’ailleurs elle tente de séduire le fils aîné du Roi sans savoir qu’elle risque le marquage au fer rouge et 20 coups de fouet (c’est moins rentable que de séduire Albert de Monaco). La Reine surprend son manège avec le prince, mais la grâcie généreusement : simplement, le médecin et sa fille sont exilés (promotion-sanction) dans une forteresse dans un coin paumé dont il est nommé gouverneur.
L’histoire se complique sans cesse : il s’avère que le médecin a une épouse cachée, qui est en fait la première femme du Roi (que tout le monde croit morte, mais elle a été en fait marquée au fer rouge et exilée, pour une raison qu’on ne saisit pas très bien). La fille du médecin réalise qu’elle a couché avec son frère, ce qui semble tout compte fait moins grave que le reste, mais elle prend peur, s’enfuie, et tombe -ainsi que sa mère qui tente de la sauver - sous les coups de redoutables guerriers à la solde du Roi. Les soldats voltigent de toiture en toiture avec des grappins, ce sont un peu les ancêtres du GIGN à la sauce Kung-Fu, sauf qu’ils tuent les honnêtes gens au lieu de les sauver….
A la fin, on découvre que la Reine (qui a enfin compris que le Roi cherchait à l’empoisonner), a organisé un coup d’Etat pour que son fils préféré prenne le pouvoir. Mais c’est un échec cinglant, le pseudo-GIGN tout dévoué au Roi extermine les conjurés, sauf le fils cadet. Le Roi donne le choix à son deuxième fils (les deux autres fils sont morts entre-temps) : soit il est exécuté, soit il présentera lui-même chaque jour à sa mère le breuvage empoisonné. Le prince, ne voyant pas d’issue honorable dans l’histoire, se suicide alors, et la pauvre Reine reste seule avec son cruel mari. Snif….
On l’a compris, les images sont magnifiques mais l’intrigue un peu faiblarde. On est à la fois dans une mauvaise tragédie grecque, dans un mauvais polar, et dans une mauvaise histoire de rivalité entre père et fils, le tout étant très, très peu crédible. Et c’est ça qui est décevant : si les acteurs étaient habillés comme vous et moi et évoluaient dans un décor contemporain, le film serait d’un ridicule affligeant. Encore bravo aux cascadeurs, aux figurants, aux costumiers et aux décorateurs!
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