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Chronique d’un scandale, de Richard Eyre avec Cate Blanchett et Judi Dench
{mosimage}Dans une ville anglaise qui n’est pas nommée (présentant quelques similitudes de paysage avec Sheffield, où a été tourné « The Full Monty » il y a une dizaine d’années, une jolie enseignante d’Arts Plastiques, Sheba Hart (Cate Blanchett), fait sa rentrée dans un lycée. Un peu seule dans l’établissement, elle se lie d’amitié avec une enseignante âgée d’une soixantaine d’années, Barbara (Judi Dench), une vieille fille typiquement anglaise qui s’ennuie ferme avec la seule compagnie d’un chat.
Barbara est invitée à déjeuner un dimanche chez sa nouvelle amie et fait la connaissance de sa famille : à tort, elle se sent devenir presque un membre de la famille, alors qu’elle agace dès le début le mari et les enfants, qui restent extrêmement courtois à son égard. Sheba, de son côté, se livre à des confidences à Barbara, sans percevoir que son « amitié » va devenir excessive et envahissante.
Barbara, qui n’a pas d’amis et est assez isolée au sein du lycée, se prend pour Sheba d’une affection exclusive. Aux yeux de Barbara, Sheba fait figure de jeune femme modèle : 37 ans, mariée à vingt ans à un homme plus âgé qu’elle et qui a été autrefois son professeur, elle est mère de deux enfants, une fille adolescente et un fils de 12 ans, trisomique, pour qui elle s’est arrêtée de travailler pendant dix ans.
Sheba aime son mari, pourtant elle se laisse aller à un jeu de séduction avec Steven, un élève âgé de 15 ans. Barbara découvre cette liaison par hasard, le soir du spectacle de Noël du lycée : l’explication est orageuse, elle déclare à son amie qu’elle ne la dénoncera pas au proviseur du lycée, mais à condition qu’elle mette fin à cette liaison immédiatement.
Sheba lui promet d’y mettre fin, mais la rupture s’avère plus difficile qu’elle ne l’avait cru. Barbara découvre vite que la relation continue, mais continue à la couvrir par son silence. On comprendra un peu plus tard que ce n’est pas par bonté d’âme, mais parce qu’elle y voit l’occasion d’exercer un chantage et d’arriver à son objectif : ne pas vieillir seule, mais avec une compagne jolie et dévouée, et qui lui sera redevable.
La situation bascule le jour où le vieux chat de Barbara est euthanasié par le vétérinaire : Barbara montre un chagrin excessif et va chercher du réconfort auprès de Sheba, qui la repousse parce qu’elle a promis à son fils de l’accompagner à un spectacle. Barbara dissimule son dépit, mais finit par dévoiler la liaison à un professeur du lycée, et aussitôt le scandale éclate : Sheba est inculpée, mais laissée en liberté provisoire. La machination montée par Barbara fonctionne : traquée par les journalistes et en proie à la colère de son mari et de sa fille, elle se réfugie chez sa vieille amie, ignorant que c’est elle qui a fait éclater le scandale. Lorsqu’elle découvre le journal intime de Barbara, l’explication est terrible et Sheba retourne chez son mari, qui lui a pardonné. Elle sera finalement condamnée à quelques mois de prison, et perd son emploi.
De son côté, le proviseur du lycée découvre que Barbara avait connaissance de la liaison entre le professeur et l’élève et l’avait cachée pendant plusieurs mois, ce qui constitue une faute grave : là encore, l’explication est saignante, Barbara est contrainte d’accepter sa mise à la retraite d’office, le proviseur ayant eu vent entre-temps des poursuites qu’une ancienne collègue menaçait d’engager contre Barbara pour harcèlement. Un scandale en cachait un autre…On découvre alors pleinement le caractère pervers de Barbara, qui utilise depuis des années la manipulation psychologique et le chantage afin de trouver une compagne.
Les deux actrices sont remarquables, ainsi que l’acteur principal (Bill Nighy, le mari trompé dans le film), qu’on avait vu jouer le rôle d’un chanteur excentrique dans « Love Actually », en 2003, une comédie sans grande prétention intellectuelle avec Hugh Grant dans le rôle du Premier Ministre Britannique…
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