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Bernard Werber, l'avenir du désordre PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par Pierre Béhel   
Samedi, 10 Juin 2006 22:05

L'écrivain Bernard Werber a été le premier invité des Rendez-Vous de Mensa 2006, le 7 juin.

Bernard Werber avait annoncé une intervention sur "Quel avenir pour l'humanité ?". Sa présence a plutôt été l'occasion d'un dialogue avec ses nombreux fans dans le public (Bernard aurait dû s'appeler Patriiiiiiccck) au sujet de ses oeuvres, de leur genèse et des théories de l'écrivain. Un rapide sondage sur les oeuvres lues et préférées par les spectateurs a d'ailleurs commencé la séance.
Etait-il décevant ? La déception suppose une baisse dans l'estime. Or force est de constater que Bernard Werber a été égal à lui-même, contentant donc son fan-club. Il confond allègrement son inculture et de la sagesse, ses discussions avec des experts autoproclamés avec de la recherche documentaire, son manque de structuration avec du questionnement...
Prétendant connaître les Dix Commandements, il a estimé que ceux-ci ne sont pas, justement, des commandements mais que le Décalogue est une prophétie ("Tu ne tueras pas le jour où tu auras compris que ce n'est pas une bonne affaire pour toi" par exemple). Pour ce faire, il occulte sans scrupule au moins la moitié du texte du Décalogue (Exode, chapitre 20). Le meilleur exemple reste sans doute celui-ci : comme l'a rappelé une spectatrice, la psychologie systémique (théorie visiblement ignorée par l'écrivain) prévoit certes qu'un traumatisme lié à une faute ait des conséquences sur les générations suivantes mais "Tu n'auras pas d'autre dieu que moi car je suis un Dieu jaloux qui punit la faute des pères sur les enfants, etc."  est bien un ordre et Dieu annonce une punition effective.
Par ailleurs, prétendant être spécialiste de "2001 odyssée de l'espace", il a affirmé que le roman de Clarke est une novelisation du film de Kubrick commandée après le succès de celui-ci, certes basé sur une nouvelle antérieure de Clarke, mais que l'oeuvre géniale de Kubrick n'a pas été comprise par un Clarke trop médiocre. Il a juste oublié que Clarke a écrit non seulement la nouvelle La Sentinelle mais aussi le scénario du film de Kubrick et que le roman a été écrit en même temps que ce scénario, pas après. Ce que l'on ne ferait pas pour abaisser un écrivain de science-fiction concurrent qui a mieux réussi que soi...
Et les erreurs manifestes se sont ainsi succédées durant trois heures, toujours assenées avec l'autorité du Maître au cours d'un dialogue avec de pauvres disciples où nul n'était autant aware (pardon : conscient) que lui...
Concernant l'avenir, son intervention a permis de visionner la bande annonce de son premier film (qui n'a pas pour l'heure de distributeur mais un producteur maudit, Claude Lelouch) : "Nos amis les humains". Le moins que l'on puisse dire est que l'idée est originale. Reste à voir l'oeuvre entière...
Autrement dit, l'intervention de Bernard Werber a commencé par "Avez-vous lu mes livres ?" et s'est terminée par "Irez-vous voir mon film ?". Bel avenir promis à l'humanité.

 

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